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LE MOT DE LA PRESIDENTE

Au printemps 2022, l’épaisseur de neige dans les Alpes n’avait jamais été aussi faible. Début juillet, suite à l’effondrement d’un énorme bloc du glacier de la Marmelada, le plus haut des Alpes italiennes, onze personnes sont décédées démontrant la gravité de la situation. A la fin de l’été, c’est une langue de terre à la jonction du glacier de Tsanfleuron et celui de Scex Rouge située à plus que 2800 mètres, s’est retrouvée à l’air libre pour la première fois depuis l’époque romaine. Plusieurs glaciers suisses ont déjà disparu ces dernières années, C’est le cas du Pizol en 2019 dans le canton de Saint Gall, le Vadret dal Corvatsch dans les Grisons ou encore celui du Schwarzbachfirn dans le canton d’Uri.  A 3000 mètres d’altitude, dans la région de l’Engadine et dans la partie sud du Valais une couche de glace de 4 à 6 mètres d’épaisseur a disparu.  


Le reportage réalisé à la cabane d’Orny par le journal « Le Temps » témoigne de la disparition des glaciers. Sous le double effet d’un hiver sec et d’une vague d’intense chaleur estivale, la fonte des glaces en Suisse a battu son record en atteignant 6% du volume total cette année. Auparavant, une perte de 2% par année était considérée extrême par la commission d’experts de l’académie suisse des sciences naturelles qui mesure la cryosphère, c’est à dire les paysages terrestres où l’eau est présente sous forme de glace ou de neige. Selon le Dr Matthias Huss glaciologue qui dirige la Réseau suisse de relevés glaciologiques si on réduit les émissions de CO2 et qu’on protège le climat « cela pourrait sauver environ un tiers des volumes totaux de glace en Suisse, dans le meilleur des cas ».


Ces mesures sont urgentes car les glaciers pourraient disparaître en Suisse d’ici la fin du siècle. Les effets du réchauffement climatique sont particulièrement visibles au col du Tsanfleuron, dans le massif des Diablerets, à 2800 mètres d’altitude. Pour la première fois depuis des milliers d’années, les deux langues de glace ne sont plus reliées par une mince bande et les visiteurs ont recommencé à marcher directement sur la roche.

 

Sur l’autre versant de la planète, certains glaciers d’Asie centrale semblent ne pas être affectés par le réchauffement climatique. Au lieu de diminuer, leur surface est restée stable ou est même augmentée. Les chercheurs veulent percer le mystère des glaciers du Pamir. Une station météorologique est installée par des scientifiques suisses sur le glacier Kyzylsu au Tadjikistan. Ils étudieront les propriétés de la glace, de la neige et du permafrost. « L’importance du projet va bien au-delà des glaciers du Pamir. Les fleuves issus des glaciers, dont l’Amu Dariya, apportent de l’eau à des dizaines de millions de personnes en Asie Centrale, une région particulièrement menacée par le changement climatique et l’instabilité politique », explique Francesca Pellicciotti, glaciologue à l’institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage.


Dans un programme de recherche de terrain appelé GreenFjord 2022-2025, mené par l’EPFL, les scientifiques viseront à comprendre, dans un contexte de changement climatique, l’écosystème des fjords du Groenland qui abritent des eaux riches en nutriments regorgeant de vie. La pêche est le principal moyen de subsistance des habitants de la région des fjords du sud-ouest du Groenland et ce depuis des milliers d’années. Cet aspect humain est un des six pôles de recherche. Les cinq autres sont la cryosphère, l’océan, l’atmosphère, la terre et la biosphère.


Le déclin des glaciers, phénomène récurrent dans l’histoire de la Terre mais sur des périodes plus longues, aura-t-il un impact négatif sur notre avenir ? Une chose est sûre c’est que cela nous oblige à nous préparer à de nouveau scénarios.

Votre présidente, Marie José Dubas


La fonte des glacier